Statut de la pile

MonsterManualMonster Manual par Christopher Perkins – Ouf! c’est dense comme bouquin! Certaines sections comme la « D » (démons, diables, dinosaures et dragons) et la « G » (géants, génies et golems) sont étonnamment volumineuses. Je garde toujours l’espoir d’avoir terminé à temps pour le mois de décembre et la sortie du prochain manuel.

HeroWithAThousandFacesThe Hero With a Thousand Faces par Joseph CampbellAucun progrès cette dernière semaine. Que puis-je vous dire? Le livre est très difficile d’approche; il me faut déployer des trésors de bonne volonté pour my mettre. Pourquoi ne pas abandonner alors? Parce qu’une de mes lectures imminentes s’y réfère. Mais diable que c’est ennuyant! Je tombe en vacances dans deux semaines; j’en profiterai alors pour faire un blitz de lecture.

AllAboutHistory018All About History #18 – Une autre lecture qui n’a a pas beaucoup avancé. Faut dire que je me suis dépêché à finir deux autre revues avant celle-ci: le Figaro Hors-série et le magazine officiel Xbox. La première publication s’est révélée aussi passionnante que la seconde était frustrante. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi complaisant sur le plan journalistique, mais je n’aurais pas dû non plus m’attendre à des entrevues  musclées ou à des critiques implacables.

ninja1000yotswNinja: 1,000 years of the Shadow Warrior par John Man – Après avoir terminé Taiho-Jutsu, je me devais de continuer à passer au travers de mes livres historiques sur le Japon. Vous me direz que ça fait bonbon un peu un livre sur les ninjas mais, croyez-mois, je le mérite: il a fallu que je lise quelques bouquins beaucoup plus secs, dont un sur la culture matérielle de la période d’Edo, avant de me rendre enfin à celui-ci.

Mental Floss vol. 13 #9 – Je suis un maniaque de ces petits bouts de culture générale complètement superflue (sauf à Quelques Arpents de Piège) et cette revue semble avoir été conçue juste pour moi. Le dernier numéro se pose comme défi de présenter l’HISTOIRE DE TOUT. Bon, c’est de l’hyperbole éhontée mais j’y trouve mon compte quand même. Je recommande si vous êtes, comme moi, le genre à faire bifurquer les conversations à grands coups de « Tiens, saviez-vous que… »

gttagTAG par Ghislain Taschereau – Quand j’en ai eu fini du « faux » Poirot de Sophie Hannah, j’ai hésité entre deux romans, l’un de Chuck Wendig et l’autre de Warren Ellis, deux de mes auteurs préférés. Cependant, une petite voix me reprochait de ne pas m’intéresser assez aux auteurs d’ici et aux parutions récentes. J’ai donc entrepris de faire d’une pierre deux coups et de faire l’achat du tout dernier Taschereau (ka-ching! le grand format chez Renaud Bray!). C’est la première fois que je lis un de ses livres et j’ai bien hâte de vous en parler!

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J’ai appris que…

L’auteure P.D. James a « emprunté » le nom de famille de son personnage du détective Adam Dalgliesh à son professeur d’anglais du secondaire. Ce n’est que plus tard, tout à fait par hasard, qu’elle a appris que son ancien enseignant partageait aussi le même prénom que son héros.

P.D. James est décédée ce matin paisiblement à son domicile d’Oxford, laissant aux amateurs de littérature policière un corpus d’oeuvres inoubliables. Elle avait quatre-vingt-quatorze ans

Et maintenant, vous savez cela aussi.

Source: Wikipedia

Critique: Save the Cat!

À laisser dans l’arbre

SaveTheCatSave the Cat!: The Last Book on Screenwriting You’ll Ever Need
par Blake Snyder
Publié par Michael Wiese Productions en 2005
195 pages
ISBN: 1932907009

Du temps que j’étais éditeur auprès d’auteurs de comics books américains, beaucoup d’entre eux ne juraient que par le livre de Blake Snyder, Save the Cat! Même après avoir quitté ce monde , j’ai continué à voir ce livre mentionné partout sur Internet, surtout par des auteurs de romans. Je trouvais ça plutôt surprenant puisque c’est avant tout un ouvrage de scénarisation pour le cinéma, ce qui ne l’empêche pas d’être tout de même coté dans les quatre étoiles sur cinq un peu partout. En effet, l’auteur s’est bâti un véritable empire sur les mérites de sa technique, empire qui compte de nombreux sujets à en croire les louanges qui résonnent d’un bout à l’autre de la Toile.

À la demande générale (de personne), j’ai fini par céder et à lire ce fameux bouquin. J’en ressors… amer.

Allez, je m’explique.

Save the Cat! vise à vous outiller pour écrire un scénario de film qu’il vous sera facile de vendre à un studio d’Hollywood. C’est là toute l’ampleur de son ambition. N’y entendez aucune critique négative, car l’auteur atteint facilement cet objectif, sans doute au grand bonheur des lecteurs qui ont lu le livre en pleine connaissance de cause.

Or, j’ai l’impression que beaucoup d’auteurs qui ne jurent que par ce bouquin n’ont pas compris sa vocation, d’où mon amertume.

À leur défense, l’auteur présente sa méthode comme un ensemble de lois universelles sur l’art de construire des récits. Or, ses théories ne s’appliquent qu’à un éventail étroit d’oeuvres de fiction, à savoir les comédies grand public et les films d’action américains. Hors de ce créneau, la philosophie Save the Cat! n’offre plus aucune traction.

L’auteur présente sa méthode comme un ensemble de lois universelles.

Exemple par excellence (et celui qui a inspiré le titre du livre): dès ses premiers moments à l’écran, le héros doit poser un geste qui nous le rend sympathique et nous porte à souhaiter sa « victoire » finale. En d’autres mots, il doit sauver un chat. S’il s’agit de Ben Stiller dans le rôle d’un gardien de zoo empoté qui doit jouer les entremetteurs entre deux pandas frigides, d’accord. Mais aussitôt que l’histoire sort des sentiers tant de fois battus par Snyder, il importe peu que le personnage soit aimable; il faut qu’il soit complet. Un personnage complet…

  • Est animé par des qualités souvent contradictoires,
  • Est motivé par un objectif qui nous touche sur le plan émotionnel, et
  • Évolue de façon dramatiquement complexe, en mieux ou en pire,

et ce, peu importe qu’on l’aime ou non. Si le cinéma américain populaire comporte tant de protagonistes aimables, c’est parce qu’il table sur les pulsions d’identification simplistes du plus grand nombre pour assurer un retour sur investissement optimal. Or, ce n’est pas le cas pour toutes les oeuvres de fiction, ni même pour tous les genres du cinéma.

Autre exemple: Snyder prescrit une période au milieu du récit qu’il appelle « Fun and Games ». Pendant celle-ci, on peut laisser tomber tout ce qui est enjeux dramatiques pour se laisser aller aux scènes « cool » du film, sans préoccupation pour la structure narrative et encore moins pour le développement du thème. Toujours selon Snyder, c’est l’endroit d’où seront extraits la plupart des clips pour la bande-annonce. Dans la même lignée, il expose également la notion de « B Story ». Cet élément a, pour sa part, comme objectif de nous offrir un répit de l’intrigue principale et d’aider cette dernière à articuler le thème. Au contraire, dans une histoire bien ficelée, il me semble que toutes les parties contribuent au projet narratif; il n’y a pas de portion superflue ou de portion d’appoint. On coupe ce qui ne sert pas et on renforce ce qui est faible.

Dernier exemple: « A Limp and an Eyepatch ». Ce truc consiste à donner à chaque personnage un signe superficiel distinctif afin qu’ils se démarquent les uns des autres. Normalement, tout personnage devrait se distinguer par la fonction qu’il occupe dans le récit, mais Snyder craint que son comité de lecture s’endorme. C’est pourquoi chaque personnage arbore un nez de clown d’une couleur différente, lui conférant ainsi une différence artificielle. Tant pis si le personnage n’est rien d’autre que Meneuse de Claque Chiante #76528 ou Ancien Policier Alcoolique #6482b s’il a un accent belge!

Le but de l’ouvrage est de réaliser un produit vendable.

Comme vous pouvez le constater, en adhérant aveuglément aux stratégies de Save the Cat!, on court le risque d’entraver sa propre créativité, puisque le but avoué de l’ouvrage est avant tout de réaliser un produit vendable plutôt que de créer une oeuvre artistique significative et durable.

Soit, si l’on consulte ce livre pour les bonnes raisons, il est excellent. Mais les jeunes auteurs qui croiraient y trouver les grandes vérités de la création littéraire risquent d’y recueillir de bien mauvaises habitudes dont ils auront peine à se débarrasser.

Si vous tenez à consulter des ouvrages de scénarisation, je vous en suggère de bien meilleurs:

  • Robert McKee – Story: Substance, Structure, Style and the Principles of Screenwriting
  • John Truby – The Anatomy of Story: 22 Steps to Becoming a Master Storyteller

Contrairement à l’auteur de Save the Cat!, McKee et Truby ont réellement maîtrisé les éléments universels régissant l’acte de conter et vous les enseignent dans un langage clair, exempt d’anecdotes tape-à-l’oeil et de clins d’oeil racoleurs.

Jusqu’à la prochaine fois, je vous souhaite une excellente lecture et, par pitié, laissez les chats dans les arbres. Ils ne connaissent rien à l’écriture de toute façon.

J’ai appris que…

Le peintre japonais Hokusai (1760-1849) a déjà gagné un concours de peinture en prenant la porte. En effet, il l’a décrochée de ses montants et l’a placée à plat sur le sol. Puis, il a utilisé un balai trempé dans l’encre bleue pour en couvrir la surface. Enfin, il a couvert les pattes d’un coq d’encre rouge avant de le laisser courir d’un bout à l’autre de son canevas improvisé. Résultat: des feuilles d’érable à la dérive sur l’eau d’une rivière.

Et maintenant, vous savez cela aussi.

Source: Le Figaro Hors-Série: Hokusai

100 mots sur… Escape Dead Island

EscapeDeadIslandNouveau jalon dans la série Dead Island, ce jeu est répétitif au point d’en être agressant. Il pose quand même une question narrative intéressante: à quel point peut-on se fier au point de vue subjectif du personnage qu’on incarne dans un jeu vidéo? Au fur et à mesure que les hallucinations se multiplient au fil du récit, nous sommes invités à remettre en question la santé mentale et donc le bien-fondé même de la mission du protagoniste. Sommes-nous en train de casser du zombie ou de vivre une crise psychotique?

Les dix derniers mots: Le jeu est trop ennuyant pour voir l’histoire jusqu’à la fin.

Statut de la pile

Le Statut de la pile*, c’est un petit billet hebdomadaire dans lequel je veux faire le topo sur mes lectures courantes. Voilà qui explique la partie « statut » du titre; quant à « la pile », c’est parce que j’ai l’habitude de mener plusieurs lectures de front et d’accumuler une véritable pile de livres, de revues et autres. D’un côté, ça vous donne une idée de ce qui m’occupe l’esprit et, de l’autre, si vous voyez quelque chose qui vous intrigue, ça vous permet de tenter de m’influencer pour que j’en parle plus en détail dans un billet spécial. N’hésitez pas!

*Ça sonne mieux que « L’État du tas ».

MoongramMurdersThe Monogram Murders par Sophie Hannah – C’est le tout dernier Hercule Poirot qui est paru cette année, le premier qui ne soit pas de la plume de Dame Agatha Christie. En effet, sa succession a fini par autoriser un nouvel écrivain à mettre en scène le célèbre détective dans une nouvelle aventure. Les résultats sont… je dirai « préoccupants ». Je vous prépare d’ailleurs un billet sur le sujet.

MonsterManualMonster Manual par Christopher Perkins – Le geek en moi ne peut résister à une nouvelle édition du jeu de rôle sur table Dungeons & Dragons. Les livres de base pour cette cinquième mouture ressortent un à un dans ces derniers mois. J’espère avoir terminé celui-ci à temps pour la sortie du Dungeon Master Guide en décembre. Et non, je ne croirais pas jouer de si tôt; je suis simplement fasciné par l’ingéniosité des règles.

TaihoJutsuTaiho-Jutsu: Law and Order in the Age of the Samurai par Don Cunningham – Deux autres sujets qui me fascinent: le Japon de l’époque pré-moderne et les procédures policières. (Oui, je sais: je dois me trouver de meilleurs passe-temps.) Ce livre combine les deux en présentant les techniques et outils utilisés par les forces de l’ordre civiles sous le shogunat des Tokugawa. Bien écrit et bien illustré, ça se lit tout seul.

HeroWithAThousandFacesThe Hero With a Thousand Faces par Joseph Campbell – Beaucoup plus ardu, celui-ci; attendez-vous à le voir longtemps sur cette liste. Il s’agit de l’ouvrage séminal de Campbell dans lequel il expose sa théorie du monomythe, selon laquelle toutes les histoires suivent la même structure depuis la nuit des temps. Le problème, c’est que Campbell utilise l’approche psychanalytique, ce qui donne un propos très daté qui tire parfois sur le ridicule. En fait, je ne lis ce livre que pour avoir une bonne base pour ensuite m’attaquer à The Writer’s Journey par Christopher Vogler qui a basé son livre sur celui de Campbell.

AllAboutHistory018All About History #18 – Ma revue historique préférée. En couverture: les dix plus grands leaders militaire, Cléopâtre, la Grande Chartre et le côté obscur de Frank Sinatra. Je vous recommande cette revue parce qu’elle est beaucoup moins gallo-centrique que les revues en français publiées (sans surprise) en France.

FigaroHorsSerieHokusaiLe Figaro Hors-Série: Hokusai – Numéro spécial portant sur le peintre japonais qui nous a donné l’image la plus reconnaissable de l’imagerie extrême-orientale. Avec toutes ces superbes planches en couleurs, je ne pouvais pas résister. Ça me rappelle que je devrais me racheter un calendrier avec ses oeuvres encore pour l’année prochaine…

GrandeVagueKanagawa
La Grande Vague de Kanakawa

OfficialXboxMag169Official Xbox Magazine #169 – Je vous mentirais si je vous disais que je trouverai pas de plaisir à lire ceci, mais j’ai quand même acheté cette revue aussi pour que mon fils ait une lecture intéressante en anglais et ainsi l’aider à améliorer ses notes. Alors, mon grand, je sais que tu lis le blogue de ton père: t’as une revue qui t’attend quand tu reviendras de chez ta mère. Et aussi des vêtements à ranger.

100 mots sur… Dylan Dog: Dead of Night

DylanDogDeadOfNightEncore une adaptation, cette fois de la bande dessinée italienne éponyme, le film déçoit. Malgré une idée de base pourtant si fertile pour une critique sociale, il tente plutôt la comédie d’horreur, échouant à la fois à être drôle ou horrifiant. Mais là où le bât blesse le plus, c’est avec l’utilisation d’un personnage secondaire horripilant et futile. En effet, l’assistant Marcus aurait pu être retiré de l’histoire et mieux la servir ainsi. En supprimant sa présence, le film n’aurait pas été meilleur, mais il aurait été au minimum moins enrageant.

Les dix derniers mots: On ne remplit pas une histoire vide avec des blagues.