Lecteur au rapport! – Août 2015

Non mais regardez-moi ça. Bilan de mes lectures du mois d’août: quelques revues et des manuels pour logiciels en design. Ça s’en vient gênant de faire mon rapport mensuel ici. C’est presque un aveu de paresse.

Et pourtant, malgré la maigre liste ci-dessous, je n’ai pas chômé. Au contraire, août a été un mois chaud, autant sur le plan littéral que figuratif, car j’ai beaucoup avancé dans cet autre projet dont je vous ai parlé dans mon dernier billet et que je garde secret pour l’instant.

Bref, les choses avancent en coulisse. Si tout se passe bien, je prévois un dévoilement d’ici Noël. À suivre…

J’ai lu…

  • Adobe Dreamweaver CC: Adobe Classroom in a Book par James J. Maivald
  • Adobe Flash Professional CC: Classroom in a Book par Russell Chun
  • All About History, numéro 24
  • Books Hors-Série, numéro 6: Tour du monde du polar
  • Les Cahiers Science & Vie, numéro 150
  • Cybertext: Perspectives on Ergodic Literature par Espen J. Aarseth
  • Mental Floss, volume 14, numéro 4
  • National Geographic France, avril 2015

J’ai joué à…

  • Dishonored: Definitive Edition, développé par Arkane Studios
  • Murdered: Soul Suspect développé par Airtight Games

Lecteur au rapport! – Juillet 2015

Bienvenue à un autre Lecteur au rapport! mensuel. Ce mois-ci encore, je change la formule en réduisant la chronique à une simple liste. Voyez-vous, je finis par manquer de choses à dire sur des lectures qui ne me touchent pas nécessairement au point de pouvoir en discuter en long et en large; il y a des histoires qui ne laissent tout simplement aucune trace.

Il y a aussi le fait que, depuis quelque temps, je concentre mon énergie dans un autre projet. Je ne vous en dis pas plus pour l’instant, car je déteste vendre la peau de la métaphore avant qu’elle ne soit éculée. Suffit pour l’instant de dire qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, toujours sous la bannière de Notes marginales, et que le sujet à l’étude sera de nature vidéoludique.

Mmmm… néologisme contemporain, quand tu nous tiens…

J’ai lu…

  • SerpentVeniceAll About History, numéro 23
  • Kuro, un coeur de chat par Sugisaku
  • Le Figaro Hors-série: William Shakespeare: Le théâtre du monde
  • Hawkeye, numéros 21 et 22 par Matt Fraction et David Aja
  • Mort d’une héroïne rouge par Qiu Xiaolong
  • Rat Queens Special: Braga, numéro 1 par Kurtis Wiebe et Tess Fowler
  • The Serpent of Venice par Christopher Moore
  • Shadowrun Core Rulebook (Fifth Edition) par Jason M. Hardy
  • Spirou et Fantasio à Tokyo par Jean-David Morvan et José-Luis Munuera

J’ai vu…

  • Kung Fury réalisé et scénarisé par David Sandberg
  • Lone Wolf and Cub, saison 1, épisode 1
  • Silent Hill: Revelation

J’ai joué à…

  • Destiny développé par Bungie et High Moon Studios
  • Tomb Raider: Definitive Edition développé par Crystal Dynamics et United Front Games

Lecteur au rapport!

The Serpent of Venice
par Christopher Moore

SerpentVeniceUn semi-pastiche qui fait référence à l’oeuvre de Shakespeare? Mais bien sûr que je vais le lire! Depuis que j’ai vu le Much Ado About Nothing de Kenneth Branagh dans les lointaines années 1990, j’ai été en amour avec le Barde (Shakespeare, pas Assurancetourix). Quand j’ai fait mes études (inutiles) universitaires en théâtre, j’en ai fait ma spécialité, avec un intérêt tout particulier pour la figure du fou. Or, le protagoniste du roman qui nous intéresse ici est précisément un fou! Je suis au paradis.

Mort d’une héroïne rouge
par Qiu Xiaolong

MortHeroineRougeAprès les polars russes et japonais, voici un polar chinois. En fait, non, c’est un peu plus complexe que ça. L’auteur, Qiu Xiaolong, est originaire de la Chine mais il a dû s’exiler aux États-Unis après les événements de la place Tian’anmen. Et en fait, il y était déjà au moment des troubles; il s’est vu forcer d’y rester. Au-delà des ramifications dramatiques sur sa vie et sur celle de sa famille, j’espère qu’il avait bien éteint ses ronds de poêle avant de partir. Toujours est-il que malgré l’origine chinoise de l’auteur, ce roman a été écrit en anglais. Et juste pour rendre les choses plus compliquées, je le lis en français. Qui sait? Je vais peut-être faire mes 100 mots en latin?

* * *

Maintenant, souvenez-vous que j’avais écrit en février que je songeais à revoir la formule de Lecteur au rapport! Ma réflexion a porté fruit et il n’y a pas de meilleur moment pour annoncer le changement qu’en ce 31 mai, dernier jour du mois.

En effet, à compter de maintenant, les Lecteur au rapport! seront mensuels. Comme ça, je vais moins sentir que je dois me forcer pour terminer deux livres dans la même semaine pour ne pas être gêné du progrès de mes lectures. J’espère aussi que ce changement de cap va  me donner plus de liberté pour écrire autre chose sur ce blogue. Je suis sans cesse en train de ramasser des idées et d’ébaucher des articles que je ne mène jamais à terme faute de temps.

En d’autres mots: je me prive d’une excuse pour écrire. On verra ce que ça donne…

Lecteur au rapport!

Yeruldelgger
par Ian Manook

YeruldelggerVous commencez à me connaître: je suis un grand consommateur de romans policiers étrangers, ou du moins de romans policiers dont l’intrigue se passe dans un environnement différent de la classique grande ville américaine, fût-ce dans un pays dont la culture nous est peu connue ou à une époque dont les moeurs nous étonnent.

Écrit par un Français mais se déroulant en Mongolie, Yeruldelgger nous transporte dans une contrée qui, somme toute, nous semble plutôt familière. Je soupçonne que cette étrange familiarité soit due au fait que l’auteur, n’étant pas lui-même de ce coin du globe, a trop forcé la note. En voulant nous faire ressentir l’étrangeté de son décor, il a parsemé son récit de miettes de « particularités culturelles ». Celles-ci ne détonneraient pas tant si elles n’étaient pas juxtaposées à des dialogues, des personnages et des situations convenues, extraites à même le corpus classique du thriller américain. Jusqu’à maintenant, la Mongolie de Manook m’apparaît plus comme une toile de fond devant laquelle paradent des personnages qui rivalisent de minceur avec ce canevas grossièrement peint.

J’espère que j’aurai changé d’opinion d’ici la fin de la lecture de ce pavé de plus de 600 pages.

En fait, si je me souviens bien, j’ai eu le même reproche pour Qumran d’Éliette Abécassis et Dans le quartier des agités de Jacques Côté: une intrigue ankylosée qui peine à avancer tant elle croule sous le poids de l’information circonstancielle. Que les auteurs fassent des recherches, soit. C’est même très louable. Mais de là à intégrer au roman tous les faits qu’ils ont trouvés fascinants, qu’ils se partent un blogue; ils pourront y épancher tous les fruits de leurs lectures et ainsi préserver la sveltesse de leur intrigue.

(Et si vous voulez savoir, conformément à mon principe « la vie est trop courte pour la gaspiller à lire de mauvais livres », je n’ai terminé ni Qumran ni Dans le quartier des agités.)

À bien y penser, je n’ai eu ce problème qu’avec les auteurs occidentaux. Je ne crois pas que cette difficulté soit leur apanage – je n’ai pas la prétention de croire mon horizon littéraire si vaste pour me prononcer de façon définitive sur la question – mais je ne suis pas encore tombé sur un auteur japonais ou indien qui insiste à ce point sur les particularités des gens d’en face. D’ailleurs, je serais amusé de nous voir scrutés du même oeil de touriste que promènent nos auteurs sur le reste du monde. Si vous avez des suggestions de lecture à me faire qui contiennent des exemples de ce cru, n’hésitez pas à m’en faire part. Ma curiosité sur le sujet placerait ces livres en tête de ma liste de lecture!

Forensics: A Guide for Writers
par D.P. Lyle

ForensicsJe n’ai commencé ce livre qu’hier soir. Je ne puis rien vous dire de plus à part que la préface était bien écrite.

Ne me regardez pas comme ça. J’ai quand même compensé à l’aide de plusieurs paragraphes supplémentaires sur le premier livre!

Lecteur au rapport!

Japanese Architecture: An Exploration of Elements & Forms
par Mira Locher

JapaneseArchitectureM’en voudrez-vous de n’avoir toujours pas fini ce livre? Certes, les pages sont peu nombreuses, contrairement aux photos qui, elles, le sont. Cependant, j’aime prendre mon temps en ne lisant qu’un seul chapitre par jour, histoire de bien absorber la masse de détails fournis par l’auteur. Je ne me serais jamais cru capable de me passionner autant pour les techniques de fabrication des panneaux coulissants ou les principes régissant l’entrecroisement des poutres. Faut croire que j’ai raté une vocation…

La saga des brouillards
par Patrick Pécherot

SagaBrouillardsJ’avais acheté ce roman parce qu’il m’apparaissait comme un pendant français du Raymond Chandler que j’avais déjà dans mon panier. Côté ton, ça s’en approche passablement, ce qui m’agrée fort bien. Par contre, ce livre commet le péché capital de toute histoire se déroulant à une autre époque, celui de faire côtoyer au héros des personnages historiques. La grande majorité des gens peuvent passer toute leur vie sans rencontrer quiconque dont le nom passera à l’histoire alors pourquoi faut-il que les protagonistes de ces fictions soient des émules de Forrest Gump et se tapent le who’s who de leurs contemporains? C’est racoleur, c’est clinquant et ça distrait de l’intrigue principale.

Lecteur au rapport!

Japanese Architecture: An Exploration of Elements & Forms
par Mira Locher

JapaneseArchitectureEncore un livre sur le Japon? Oui! Je l’avoue: je suis fasciné par l’histoire riche et mouvementée de ce pays ainsi que par ses esthétiques si particulières. Cette fois-ci, c’est l’architecture qui m’intéresse et je suis bien servi par ce livre très bien écrit, à la portée du profane, et magnifiquement illustré avec un foisonnement de photos en couleurs. Et puis, pour être tout à fait honnête, je pensais aussi m’en servir comme référence pour quelques créations dans Minecraft…

The Long Goodbye
par Raymond Chandler

LongGoodbyeC’est le troisième roman de Chandler que je lis, tous mettant en vedette son personnage légendaire de Philip Marlowe, détective privé (à prononcer d’une voix graveleuse). J’avais beaucoup aimé The Big Sleep et Farewell, My Lovely, et je pressens que je vais aussi aimer celui-ci. À noter, malgré son titre en anglais, qu’il s’agit d’une traduction française de l’original, et ce, malgré ma réticence à lire des textes américains par traducteur interposé. Voyez-vous, j’avais juré ne plus jamais m’y laisser prendre après avoir goûté à l’exécrable « adaptation » de The Big Sleep par Boris Vian dont je n’avais pas compris un traître mot. Heureusement, dans le cas de The Long Goodbye, les premières pages m’ont paru encourageantes après lecture en librairie.

100 mots sur… Now Write! Mysteries

NowWriteMysteriesNow Write! Mysteries est un recueil de textes courts par divers auteurs de littérature policière et portant sur divers aspects de l’écriture de récits dans ce genre. En soi, c’est une idée très louable. Cependant, ce que les éditeurs de ce collectif semblent avoir oublié, c’est que ce n’est pas parce que quelqu’un a remporté un certain succès à écrire des oeuvres de fiction qu’il est nécessairement apte à parler de son processus. Un minimum d’élagage nous aurait épargné tout un ramassis de lieux communs et de promotion personnelle éhontée.

Les dix derniers mots: Tumblr offre de l’information plus pertinente et de meilleure qualité.

Lecteur au rapport!

L’énigme des Blancs-Manteaux par Jean-François Parot

EnigmeBlancsManteauxPremier roman de la série des Nicolas Le Floch, L’énigme des Blancs-Manteaux raconte la première affaire du jeune commissaire du Châtelet alors qu’il doit enquêter sur la disparition d’un collègue dans le Paris tumultueux des Lumières. Les références historiques abondent dans ce polar au rythme lent mais assuré, sans toutefois rebuter les lecteurs qui n’étaient pas férus de retenir les dates à l’école. J’en suis à la moitié du livre mais je prévois poursuivre la série dont l’auteur m’apparaît à la fois habile et cultivé.

Wonderbook par Jeff Vandermeer

Wonderbook_Case_r2.inddTant de déception… J’avais pourtant commencé ma lecture de façon si enthousiaste. Dans son introduction l’auteur semblait promettre une toute nouvelle approche à la création littéraire, plus intuitive et mieux adaptée au contexte particulier des littératures de l’imaginaire. Hélas! Après un prologue encourageant, il commet LA faute cardinale à mes yeux: traiter l’écriture comme l’apanage d’êtres spéciaux, bénis entre tous les autres humains. Je lui donne encore deux chapitres pour se racheter…

 

100 mots sur… Le dernier Lapon

LeDernierLaponL’intrigue raffinée d’Olivier Truc est magnifiquement menée dans la corps principal de son roman. Cependant, celle-ci souffre de  l’empressement avec lequel l’auteur clôt son récit. En effet, la trame narrative est si complexe que l’on se retrouve avec une foule de points à boucler. Ainsi, dans les derniers chapitres, le rythme auquel les révélations surgissent s’accélère dramatiquement, au point tel où, à quelques pages de la fin, les affaires traînantes sont conclues si vite que quelques phrases à peine suffisent à régler le sort de deux des trois antagonistes principaux.

Les dix derniers mots: L’auteur lâche les “rennes” un peu trop vite (oh calembour!).

Statut de la pile

Le dernier Lapon par Olivier Truc

LeDernierLaponLa lecture se poursuit, potoum-potoum. Olivier Truc me tient toujours en haleine, ce qui est normal puisque je ne suis qu’au tiers du livre. Tout est encore mystère, tout reste à être expliqué. Cependant, une certaine appréhension commence à s’installer; malgré le décor exotique du roman, je sens qu’il s’agit encore des même ressorts que j’ai vu des douzaines de fois dans d’autre polars. L’action a beau se dérouler au coeur de la toundra norvégienne, j’ai peine à discerner ce qui fait la spécificité de ce roman. Paris, Londres ou New York, les éléments de l’histoire sont facilement interchangeables. Mais je garde espoir!

The Writer’s Journey: Mythic Structure for Writers par Christopher Vogler

writersjourneyLa grande déception de cette semaine. Après un départ fulgurant, Christopher Vogler trébuche une fois les premiers chapitres passés, se prenant les pieds dans les ornières trop profondes du monomythe de Joseph Campbell. Autant sa pensée semblait pragmatique et facilement applicable au début, autant maintenant elle sonne convenue et empêtrée dans un fatras psychanalytique. Quand il n’énonce pas une notion convenue comme une nouvelle vérité, Vogler se perd en association d’idées sur fond de psycho-pop.

1Q84, livre 1: Avril – Juin par Haruki Murakami

1Q84v1Je voyais ce livre partout et je veux vraiment dire partout: librairies, boutiques de revues, pharmacies, épiceries – toujours la même édition avec cette couverture énigmatique. J’avais aussi déjà croisé le nom de l’auteur dans un article très intéressant sur le réalisme magique dans les romans. Déjà que j’affectionne particulièrement les auteurs japonais, ma curiosité a finalement pris le dessus à Noël. Je n’ai lu que deux chapitres jusqu’à présent et j’aime bien. Certes, c’est difficile de déceler le style d’un auteur japonais au travers d’une traduction française, mais je remarque que Murakami a tendance à prendre son temps pour décrire des gestes et des endroits pourtant simples. Or, malgré ce nombre objectivement plus élevé de mots, ça reste toujours intéressante grâce au choix des mots (peut-être dû à la traduction) et des éléments sur lesquels la description s’attarde (certainement dû à l’auteur).