100 mots sur… Un cadavre de trop

CadavreTropAprès avoir été ravi par le premier volet de la série, Trafic de reliques, me voici déçu par le deuxième. Malgré le retour attendu d’une prose forte et de personnages captivants, on sent des ratés du côté de l’intrigue. Si Trafic était une énigme policière classique, Un cadavre de trop tente le thriller. Ce nouveau genre prend la forme d’une intrigue secondaire qui finit par gonfler au point de prendre toute la place. Lorsqu’elle est enfin résolue, démasquer le meurtrier de l’intrigue principale semble n’être plus qu’une formalité à classer.

Les dix derniers mots: Qui chasse deux lièvres en même temps n’en attrape aucun.

Lecteur au rapport!

Shotgun Opera
par Victor Gischler

ShotgunOperaDans son roman Inkheart, Cornelia Funke a écrit: « Certains livres devraient être goûtés, d’autres devraient êtres dévorés mais seuls certains devraient être mastiqués et entièrement digérés. »* Shotgun Opera fait partie d’une quatrième catégorie, celle des livres qui doivent être avalés rapidement en se pinçant le nez, le tout suivi d’une grande rasade d’alcool fort. C’est ce que je ferai au cours de la semaine qui commence.

*Incidemment, cette citation est souvent attribuée sur le Web à Francis Bacon, probablement parce d’aucuns croient plus relevé de citer un philosophe anglais de la Renaissance qu’une auteure de romans jeunesse contemporaine. Allez savoir.

Un cadavre de trop
par Ellis Peters

CadavreTropDans un tout autre registre de qualité, j’ai attaqué dernièrement le deuxième volet de la série Cadfael d’Ellis Peters. Cette nouvelle enquête du moine gallois, ancien croisé, présente encore une fois des aspects qui sont propres à son contexte médiéval. Comme dans le précédent Trafic de reliques, Cadfael ne peut faire appel qu’aux techniques permises par la science limitée de l’époque (mais son passé de militaire en terre sainte s’avère aussi indispensable). Comparé à Shotgun Opera, ce roman est un délice que je prend plaisir à déguster.