100 mots sur… Wonderbook

Wonderbook_Case_r2.inddSi quelqu’un voulait un jour convaincre le monde en général que les écrivains sont des « artistes » dans le sens le plus péjoratif du terme – brouillons, prétentieux et hermétiques – il leur montrera ce livre. Sautant constamment du coq à l’âne, interrompant son propos pour l’entrecouper d’illustrations et de témoignages, échafaudant des théories alambiquées qui n’ont d’application et de fondement que dans les romans de l’auteur, criblant son travail de citations comme un collégien paresseux en manque d’idées, Wonderbook est une tornade impossible à saisir et qui ne laisse rien derrière elle.

Les dix derniers mots: Un beau livre inutile, comme une voile en or massif.

Lecteur au rapport!

Interactive Storytelling for Video Games
par Josiah Lebowitz et Chris Klug

InterStoryVideoGamesQuel vent de fraîcheur souffle sur mon coin lecture! Que des bons livres cette semaine. Que dis-je? Que d’excellents livres! À commencer par ce manuel d’écriture pour les jeux vidéo qui se révèle tout le contraire de l’épuisant Wonderbook de Jeff Vandermeer. Autant ce dernier était vague, mal structuré et, en conséquent, d’une utilité fort douteuse, autant Interactive Storytelling est clair, bien monté et pratique, non seulement pour ceux qui aspirent à écrire pour un médium interactif mais aussi pour quiconque voudrait acquérir une compréhension plus profonde de la construction d’un récit et de l’engagement émotif d’un joueur/lecteur.

La baronne meurt à cinq heures
par Frédéric Lenormand

BaronneMeurtCinqHeuresVous me pardonnerez l’excès d’exclamations cette semaine mais quel pur délice que ce roman! C’est bien simple: Amélie et moi nous l’arrachons, à savoir qui pourra mettre la main dessus avant l’autre afin de poursuivre sa lecture. Lenormand relève avec brio le défi de planter son histoire dans un cadre historique sans s’embourber dans de longues dissertations qui ne viseraient, au fond, qu’à faire briller ses talents de chercheur (tousse-tousse, L’énigme des Blancs-Manteaux). Mettant en vedette un Voltaire tel qu’on ne l’a jamais vu dans nos cours de littérature, La baronne meurt à cinq heures est une comédie policière qui réjouit autant par son intrigue que par son style, tous deux succulents.

Lecteur au rapport!

L’énigme des Blancs-Manteaux par Jean-François Parot

EnigmeBlancsManteauxPremier roman de la série des Nicolas Le Floch, L’énigme des Blancs-Manteaux raconte la première affaire du jeune commissaire du Châtelet alors qu’il doit enquêter sur la disparition d’un collègue dans le Paris tumultueux des Lumières. Les références historiques abondent dans ce polar au rythme lent mais assuré, sans toutefois rebuter les lecteurs qui n’étaient pas férus de retenir les dates à l’école. J’en suis à la moitié du livre mais je prévois poursuivre la série dont l’auteur m’apparaît à la fois habile et cultivé.

Wonderbook par Jeff Vandermeer

Wonderbook_Case_r2.inddTant de déception… J’avais pourtant commencé ma lecture de façon si enthousiaste. Dans son introduction l’auteur semblait promettre une toute nouvelle approche à la création littéraire, plus intuitive et mieux adaptée au contexte particulier des littératures de l’imaginaire. Hélas! Après un prologue encourageant, il commet LA faute cardinale à mes yeux: traiter l’écriture comme l’apanage d’êtres spéciaux, bénis entre tous les autres humains. Je lui donne encore deux chapitres pour se racheter…