100 mots sur… Un cadavre de trop

CadavreTropAprès avoir été ravi par le premier volet de la série, Trafic de reliques, me voici déçu par le deuxième. Malgré le retour attendu d’une prose forte et de personnages captivants, on sent des ratés du côté de l’intrigue. Si Trafic était une énigme policière classique, Un cadavre de trop tente le thriller. Ce nouveau genre prend la forme d’une intrigue secondaire qui finit par gonfler au point de prendre toute la place. Lorsqu’elle est enfin résolue, démasquer le meurtrier de l’intrigue principale semble n’être plus qu’une formalité à classer.

Les dix derniers mots: Qui chasse deux lièvres en même temps n’en attrape aucun.

100 mots sur… Blood Lake: Attack of the Killer Lampreys

BloodLakeAh, The Asylum! que tu nous gaves de tes écoeurantes confections! Blood Lake est le genre de film que feu Roger Ebert qualifiait de idiot plot (« intrigue à idiots »), c’est-à-dire un film dont l’intrigue repose entièrement sur la prise systématique de la pire décision possible à chaque noeud narratif. Remplacez n’importe lequel des choix effectués par les personages du film par l’option sensée que choisirait un être humain normal et l’intrigue disparaît, faute de tension dramatique, d’enjeux et de conflit. Dieu bénisse donc les idiots: ils permettent les (mauvaises) histoires.

Les dix derniers mots: Seul bon point: la participation éphémère du biologiste Jeremy Wade.

100 mots sur… 1Q84 – Livre 1: Avril – Juin

1Q84v1J’ai commencé ce roman enchanté par la prose de Murakami; cet homme pouvait n’écrire rien de conséquent, le texte seul m’envoûtait. Ce charme fut de courte durée: une fois passé le milieu du livre, je me suis rendu compte que l’écriture fleurie de l’auteur recelait un sur-place entêté. Aussitôt a-t-on l’impression d’avancer dans l’intrigue que l’on se retrouve entraîné vers l’arrière dans un flashback!  C’est ça ou on s’enlise dans l’analyse psychologique des personnages. Coup de grâce: pas de cliffhanger final donc aucune invitation à lire le tome suivant… D’accord!

Les dix derniers mots: Et je ne sais toujours pas comment prononcer le titre.

100 mots sur… The Name of the Rose

NameRoseSouvent, on dirait que les réalisateurs et scénaristes oublient que le cinéma est un art visuel; ils ressentent le besoin d’énoncer tous les détails de l’intrigue et du sous-texte. Un personnage éprouve de la difficulté à dévoiler ses sentiments? Il le verbalise (ironiquement). Un autre esquive une mort certaine? Il doit prendre le temps d’exposer sa tactique. The Name of the Rose, basé sur le roman d’Umberto Eco, prend le contrepied de cette approche: le non-dit y occupe une place considérable, laissant l’image parler à la place d’un dialogue superflu.

Les dix derniers mots: À trop vouloir discourir, une histoire ne dit plus rien.

100 mots sur… Le dernier Lapon

LeDernierLaponL’intrigue raffinée d’Olivier Truc est magnifiquement menée dans la corps principal de son roman. Cependant, celle-ci souffre de  l’empressement avec lequel l’auteur clôt son récit. En effet, la trame narrative est si complexe que l’on se retrouve avec une foule de points à boucler. Ainsi, dans les derniers chapitres, le rythme auquel les révélations surgissent s’accélère dramatiquement, au point tel où, à quelques pages de la fin, les affaires traînantes sont conclues si vite que quelques phrases à peine suffisent à régler le sort de deux des trois antagonistes principaux.

Les dix derniers mots: L’auteur lâche les “rennes” un peu trop vite (oh calembour!).

100 mots sur… Dredd

dreddBasé sur le comic britannique Judge Dredd, le film quasi-éponyme nous relate un quart de travail pas commode pour notre héros à gueule de Grumpy Cat. Le film se démarque en étant la seule adaptation de comic book à omettre de nous imposer  une heure de mythe originel pour plutôt se concentrer sur son intrigue principale. Le juge Dredd est établi dès le début comme un justicier notoire et redoutable, ce qui nous suffit pour l’histoire. Bref, un rare film d’action qui ne prend pas le spectateur pour un idiot.

Les dix derniers mots: Un modèle pour tous les autres films du même genre!

Gare à la fausse action

Lors de la construction d’un récit, prenez garde à la « fausse action » ou l’action pour le seul bénéfice de l’action. La fausse action ne fait pas progresser l’histoire, elle n’implique pas les personnages et ne les pousse pas à changer. Beaucoup de films d’action souffrent de fausse action; les poursuites automobiles, les combats d’armes à feu et les explosions abondent mais ne font rien de plus que d’importuner les personnages et éventuellement d’ennuyer les spectateurs avec leur répétition et leur manque d’enjeux significatifs.

– Dungeon Master’s Guide, 5e édition

Ce livre se révèle une surprenante leçon d’écriture…