Lecteur au rapport! – Juillet 2015

Bienvenue à un autre Lecteur au rapport! mensuel. Ce mois-ci encore, je change la formule en réduisant la chronique à une simple liste. Voyez-vous, je finis par manquer de choses à dire sur des lectures qui ne me touchent pas nécessairement au point de pouvoir en discuter en long et en large; il y a des histoires qui ne laissent tout simplement aucune trace.

Il y a aussi le fait que, depuis quelque temps, je concentre mon énergie dans un autre projet. Je ne vous en dis pas plus pour l’instant, car je déteste vendre la peau de la métaphore avant qu’elle ne soit éculée. Suffit pour l’instant de dire qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, toujours sous la bannière de Notes marginales, et que le sujet à l’étude sera de nature vidéoludique.

Mmmm… néologisme contemporain, quand tu nous tiens…

J’ai lu…

  • SerpentVeniceAll About History, numéro 23
  • Kuro, un coeur de chat par Sugisaku
  • Le Figaro Hors-série: William Shakespeare: Le théâtre du monde
  • Hawkeye, numéros 21 et 22 par Matt Fraction et David Aja
  • Mort d’une héroïne rouge par Qiu Xiaolong
  • Rat Queens Special: Braga, numéro 1 par Kurtis Wiebe et Tess Fowler
  • The Serpent of Venice par Christopher Moore
  • Shadowrun Core Rulebook (Fifth Edition) par Jason M. Hardy
  • Spirou et Fantasio à Tokyo par Jean-David Morvan et José-Luis Munuera

J’ai vu…

  • Kung Fury réalisé et scénarisé par David Sandberg
  • Lone Wolf and Cub, saison 1, épisode 1
  • Silent Hill: Revelation

J’ai joué à…

  • Destiny développé par Bungie et High Moon Studios
  • Tomb Raider: Definitive Edition développé par Crystal Dynamics et United Front Games
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Lecteur au rapport!

The Serpent of Venice
par Christopher Moore

SerpentVeniceUn semi-pastiche qui fait référence à l’oeuvre de Shakespeare? Mais bien sûr que je vais le lire! Depuis que j’ai vu le Much Ado About Nothing de Kenneth Branagh dans les lointaines années 1990, j’ai été en amour avec le Barde (Shakespeare, pas Assurancetourix). Quand j’ai fait mes études (inutiles) universitaires en théâtre, j’en ai fait ma spécialité, avec un intérêt tout particulier pour la figure du fou. Or, le protagoniste du roman qui nous intéresse ici est précisément un fou! Je suis au paradis.

Mort d’une héroïne rouge
par Qiu Xiaolong

MortHeroineRougeAprès les polars russes et japonais, voici un polar chinois. En fait, non, c’est un peu plus complexe que ça. L’auteur, Qiu Xiaolong, est originaire de la Chine mais il a dû s’exiler aux États-Unis après les événements de la place Tian’anmen. Et en fait, il y était déjà au moment des troubles; il s’est vu forcer d’y rester. Au-delà des ramifications dramatiques sur sa vie et sur celle de sa famille, j’espère qu’il avait bien éteint ses ronds de poêle avant de partir. Toujours est-il que malgré l’origine chinoise de l’auteur, ce roman a été écrit en anglais. Et juste pour rendre les choses plus compliquées, je le lis en français. Qui sait? Je vais peut-être faire mes 100 mots en latin?

* * *

Maintenant, souvenez-vous que j’avais écrit en février que je songeais à revoir la formule de Lecteur au rapport! Ma réflexion a porté fruit et il n’y a pas de meilleur moment pour annoncer le changement qu’en ce 31 mai, dernier jour du mois.

En effet, à compter de maintenant, les Lecteur au rapport! seront mensuels. Comme ça, je vais moins sentir que je dois me forcer pour terminer deux livres dans la même semaine pour ne pas être gêné du progrès de mes lectures. J’espère aussi que ce changement de cap va  me donner plus de liberté pour écrire autre chose sur ce blogue. Je suis sans cesse en train de ramasser des idées et d’ébaucher des articles que je ne mène jamais à terme faute de temps.

En d’autres mots: je me prive d’une excuse pour écrire. On verra ce que ça donne…

100 mots sur… Priest

priestAu premier abord, le dialogue de Priest semble désespérant de banalité. C’est d’ailleurs typique des films d’action en général et des adaptations de bandes dessinées en particulier. Par contre, à y regarder de plus près, on peut voir que le dialogue limité témoigne d’un précepte fondamental de l’écriture de comics: la compression extrême des répliques afin d’évoquer un maximum d’idées dans un minimum de mots. De cette façon, le scénariste – d’une bédé ou d’un film – donne l’impression d’un dialogue riche tout en n’empiétant pas trop sur les images qui l’encadrent.

Les dix derniers mots: Une adaptation de la technique même de la bande dessinée.

100 mots sur… Firestorm

FirestormOn reproche souvent au cinéma d’action hongkongais de tout miser sur la violence et les belles images léchées; bref, du cinéma superficiel dénué de toute substance. Afin de démentir cette allégation, voici Firestorm. Avec ses personnages aux pulsions conflictuelles, prisonniers d’une intrigue qui les condamne à un échec inévitable, ce film s’élève au-dessus du simple thriller d’action. Parce que tout est mis en place dès le début au coeur des protagonistes pour les faire tomber de haut et nous faire admirer cette chute, on assiste en fait à une tragédie.

Les dix derniers mots: On trouve de l’art dans les endroits les plus inattendus.

100 mots sur… Blood Lake: Attack of the Killer Lampreys

BloodLakeAh, The Asylum! que tu nous gaves de tes écoeurantes confections! Blood Lake est le genre de film que feu Roger Ebert qualifiait de idiot plot (« intrigue à idiots »), c’est-à-dire un film dont l’intrigue repose entièrement sur la prise systématique de la pire décision possible à chaque noeud narratif. Remplacez n’importe lequel des choix effectués par les personages du film par l’option sensée que choisirait un être humain normal et l’intrigue disparaît, faute de tension dramatique, d’enjeux et de conflit. Dieu bénisse donc les idiots: ils permettent les (mauvaises) histoires.

Les dix derniers mots: Seul bon point: la participation éphémère du biologiste Jeremy Wade.

100 mots sur… The Name of the Rose

NameRoseSouvent, on dirait que les réalisateurs et scénaristes oublient que le cinéma est un art visuel; ils ressentent le besoin d’énoncer tous les détails de l’intrigue et du sous-texte. Un personnage éprouve de la difficulté à dévoiler ses sentiments? Il le verbalise (ironiquement). Un autre esquive une mort certaine? Il doit prendre le temps d’exposer sa tactique. The Name of the Rose, basé sur le roman d’Umberto Eco, prend le contrepied de cette approche: le non-dit y occupe une place considérable, laissant l’image parler à la place d’un dialogue superflu.

Les dix derniers mots: À trop vouloir discourir, une histoire ne dit plus rien.

100 mots sur… Resident Evil: Retribution

ResEvilRetribCinquième et plus récent volet de la série cinématographique Resident Evil, ce film ne présente aucun intérêt sur le plan narratif. C’est comme si le scénariste Paul W. S. Anderson avait abandonné, se disant que seuls les amateurs du jeu éponyme verraient le film, alors aussi bien leur donner une version live action. L’intrigue est littéralement calquée sur la progression d’un jeu vidéo, chaque « niveau » successif ayant son environnement spécifique et son boss final. Intrigue inexistante, personnages vides – il y a plus de substance dans un Let’s Play sur YouTube.

Les dix derniers mots: Jouer au jeu serait plus plaisant que regarder ce film.