100 mots sur… Firestorm

FirestormOn reproche souvent au cinéma d’action hongkongais de tout miser sur la violence et les belles images léchées; bref, du cinéma superficiel dénué de toute substance. Afin de démentir cette allégation, voici Firestorm. Avec ses personnages aux pulsions conflictuelles, prisonniers d’une intrigue qui les condamne à un échec inévitable, ce film s’élève au-dessus du simple thriller d’action. Parce que tout est mis en place dès le début au coeur des protagonistes pour les faire tomber de haut et nous faire admirer cette chute, on assiste en fait à une tragédie.

Les dix derniers mots: On trouve de l’art dans les endroits les plus inattendus.

100 mots sur… Sleeping Dogs: Definitive Edition

SleepingDogsLes développeurs de jeux vidéo mettent aujourd’hui davantage d’efforts à donner une dimension humaine à leurs personnages, ce qui paraît le plus souvent dans les dialogues. Bien qu’on n’atteigne pas toujours les tréfonds d’un Resident Evil, force est de constater que la bonne volonté des scribes mène plus souvent qu’autrement à un échec: on reste au niveau d’un nanar filmé pour la télé. Ce n’est heureusement pas le cas avec Sleeping Dogs dont les répliques gardent leur fraicheur et leur authenticité grâce à des scénaristes talentueux et des acteurs sérieux.

Les dix derniers mots: Hormis les boutons à presser, c’est comme un bon film.

100 mots sur… Chew, volume 9: Chicken Tenders

Chew09ChickenTendersChicken Tenders poursuit la tradition de l’humour absurde et des retournements outrageusement dramatiques poussés au comique – et c’est là le problème: c’est maintenant une tradition. Excepté l’intrigue qui fait son chemin, John Layman et Rob Guillory font du sur-place, remâchant les mêmes gags à répétition qui avaient fait la fraîcheur des premiers volumes. Chew est un cas d’exception dans le monde du comic book américain – une série indépendante qui dure – mais il faudrait commencer à penser soit à renouveler les mécanismes, soit à conclure avant d’atteindre le fond du baril.

Les dix derniers mots: Vous connaissez déjà la citation: « Soit on meurt en héros… »

100 mots sur… La baronne meurt à cinq heures

BaronneMeurtCinqHeuresIl y a l’acte et il y a la façon dont il est accompli. Même si l’intrigue policière de Frédéric Lenormand manque de rigueur par moments, on lui pardonne facilement. En effet, on en vient rapidement à considérer la résolution de l’énigme comme une donnée secondaire tant on prend plaisir à seulement lire le texte. Non seulement l’auteur démontre un style personnel vivace et impertinent, mais en plus chaque personnage se révèle une oeuvre d’art accomplie qui nous divertit dans ses actions les plus simples. Voltaire aurait sans doute approuvé.

Les dix derniers mots:  Un triomphe sans déception de la forme sur le fond.

100 mots sur… Le village aux Huit Tombes

VillageHuitTombesBien qu’il se définit comme un roman policier, Le village aux Huit Tombes présente nombre d’éléments qui l’apparentent plus au conte gothique. Un village isolé, une malédiction ancestrale, un trésor caché, une famille inquiétante, un moine fantôme – tout concourt à une ambiance plus proche d’un Poe que d’un Simenon. Et pourtant, énigme policière il y a alors que les victimes s’accumulent et qu’il devient de plus en plus pressant pour le protagoniste de démasquer le meurtrier avant que les villageois apeurés ne décident de se faire justice à ses dépens.

Les dix derniers mots: Un roman parfait pour les nostalgiques de la maison Usher.

100 mots sur… Wonderbook

Wonderbook_Case_r2.inddSi quelqu’un voulait un jour convaincre le monde en général que les écrivains sont des « artistes » dans le sens le plus péjoratif du terme – brouillons, prétentieux et hermétiques – il leur montrera ce livre. Sautant constamment du coq à l’âne, interrompant son propos pour l’entrecouper d’illustrations et de témoignages, échafaudant des théories alambiquées qui n’ont d’application et de fondement que dans les romans de l’auteur, criblant son travail de citations comme un collégien paresseux en manque d’idées, Wonderbook est une tornade impossible à saisir et qui ne laisse rien derrière elle.

Les dix derniers mots: Un beau livre inutile, comme une voile en or massif.

100 mots sur… L’énigme des Blancs-Manteaux

EnigmeBlancsManteauxContexte intéressant, idée originale, enjeux captivants… mais quelle corvée que de lire ce roman jusqu’au bout! Que s’est-il passé? Jean-François Parot passe constamment par Singapour pour aller de Québec à Montréal; son roman est farci de détours inutiles qui ankylosent son récit et finissent par exaspérer son lecteur. Quand ce n’est pas le protagoniste qui se réserve quelques bons paragraphes pour gloser sur son cheminement personnel et remettre en question sa vision du monde, c’est l’auteur qui déverse sur nous les fruits de ses indéniables et abondantes recherches historiques. Assommant!

Les dix derniers mots: Parot serait bien embêté de se limiter à cent mots.

100 mots sur… Now Write! Mysteries

NowWriteMysteriesNow Write! Mysteries est un recueil de textes courts par divers auteurs de littérature policière et portant sur divers aspects de l’écriture de récits dans ce genre. En soi, c’est une idée très louable. Cependant, ce que les éditeurs de ce collectif semblent avoir oublié, c’est que ce n’est pas parce que quelqu’un a remporté un certain succès à écrire des oeuvres de fiction qu’il est nécessairement apte à parler de son processus. Un minimum d’élagage nous aurait épargné tout un ramassis de lieux communs et de promotion personnelle éhontée.

Les dix derniers mots: Tumblr offre de l’information plus pertinente et de meilleure qualité.

100 mots sur… Un café maison

UnCafeMaisonJe reproche à beaucoup d’auteurs de romans policiers de tricher en faisant reposer la clé de l’énigme sur un fait méconnu mais trivial (« Or cette plante ne pousse que dans le Laos méridional! »). S’il suffisait d’ouvrir une encyclopédie pour résoudre l’affaire, la solution serait à la portée du premier venu, nul besoin d’un Hercule Poirot! Que nenni avec Un café maison dont le mystère relève d’un problème de logique, juste assez complexe pour durer jusqu’à la fin, juste assez simple pour vous détester de ne pas l’avoir résolu par vous-même.

Les dix derniers mots: Le meilleur compliment pour une énigme? « Il fallait y penser! »

100 mots sur… Story Structure Architect

StoryStructureArchitectSi cet ouvrage était un livre de recettes, il ne contiendrait que des listes d’ingrédients et aucune instruction. En plus de réduire son propos à un simple exercice de répertoire, l’auteure démontre la confusion la plus totale dans ses listes: des genres qui sont en fait des formes, des types de conflits qui se répètent sous plusieurs noms, des structures qui ne sont rien d’autre que des procédés narratifs… et j’en passe! Le bouquet? Deux cent pages de descriptions de « situations dramatiques », une notion subjective et révolue, sans application pratique.

Les dix derniers mots: Une perte de temps pour quiconque est sérieux pour écrire.